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في  إطار النقاشات على الفيسبوك في عدد من المجموعات بعد مرحلة ال20 فبراير قررت إحدى المجموعات التي كنت عضوا فيها دعوة الصحفي المعروف إدريس كسيكس  و كانت لي معه المناقشة التالية حول سوسيولوجية و أسباب الخوف عند المواطن المغربي, التي قررت كذلك نشرهاعلى مدونتي تعميما للفائدة

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Driss Ksikes

Le paradigme de peur (de trop chambouler la donne, de trop bousculer les privilèges, de trop céder aux pressions …) semble être toujours déterminant dans la gouvernance politique du Maroc. Pensez-vous que la peur puisse être un facteur stimulant et dynamisant dans une société en mal d’initiatives, d’innovation et de prises de risque ?

Anass

Malheureusement la peur est bien lotie chez le peuple marocain et ce pour diverses raisons, celles qui me viennent à l’esprit en ce moment sont:

  1.  La première et la plus évidente d’entre elles est l’héritage du règne sanglant de Hassan 2. Des évenements du Rif en 1958, a ceux de 1990 en passant par 65,81,84, tazemmamart, 9al3at megouna et plusieurs autres glorieuses actions comme dirait moulay mostafa ont calmé à jamais une majorité qui préfère vivre sa vie sans se faire remarquer,et qui tient donc à se taire et à éduquer ses enfants de la sorte pour ne pas s’attirer de problèmes.
  2. Certains pseudo-penseurs jouent sur le peur de la déstabilisation du pays. Ah si on perd le roi le pays entrera en guerre, les amazighs, les sahraouis, les arabisés entreront en guerre civile.. Si ce n’est que ces personnes qui pensent cela, ca serait bien. Mais le problème est que plusieurs sont attirés par cette thèse croyant nottament utiliser leur logique pour s’en convaincre, et ceci est une autre raison pour les faire stopper. Exemple, X est convaincu que le système est pourri et doit changer, mais ah problème, j’ai peur de m’engager dans une révolution car après mon cher roi va être en danger, non je reste chez moi et je fais une grasse matinée le dimanche matin.
  3. Les politiciens sont biensûr les plus affectés par cette peur, non parce qu’ils ont peur d’aller en prison (7acha, les ministres de sa majesté ne font pas d’erreurs ) ni à cause de leur opinion (qui doit être conforme au normes du makhzen, sinon il ne serait pas choisi depuis des lustres). Les politiciens ont peur car ils savent que s’ils veulent bien faire ou veulent innover, ils seront confrontés à des plus hauts placés qui les en empecheront pour garder leur prévilèges (et dieu sait combien il y en a). Donc, de peur de perdre leur place, on laisse faire. Là me vient à l’esprit l’histoire du douanier à l’aéroport de casablanca qui a osé arrêter le fils de abdoulay wade qui était en pocession de drogue. Bien évidement, il a été corrigé pour cette faute profesionnelle et profite de belles journées ensolleillées au Sahara en mangeant un plat sur deux, car la moitié des ressources destinées aux officiers au sahara s’arrêtre devant les villas des généraux..

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Driss Ksikes

C’est indiscutablement entre les deux que se situe le problème. Quand une légitimité est construite par la violence symbolique, la sacralité, les relais de la rente organisée, l’organisation de la propagande, la justification de l’autocensure et la fabrication du consentement, avec l’adhésion des acteurs, sociaux, politiques et médiatiques, il se peut qu’il y ait confusion entre le respect de l’autorité légitime et la peur de perdre les acquis octoyés (non mérités) par cette même autorité.